15 janvier 2008

Ian Curtis ou le coup de la corde à linge

Va falloir s’y faire, la notion de nouveauté est relative en ces temps d’hyper-présidence (merci Plénen), d’hyperconsommation de contraction du temps et des idées. Même pas le temps de penser voir un film ou lire un bouquin, qu’il est déjà sorti des écrans et des librairies. Bon ok, il y a la toile et c’est heureux. Ma dernière découverte cinématographique est le film d’Anton Corbjin, en souvenir de Joy Div, Control. Hormis, le fait que je trouve le titre plat et marketoche, le reste est plutôt séduisant. La photo en premier lieu, pas de surprise puisque c’est le métier de Corbijn. Il n’empêche les cadrages sont soignés, le noir et blanc intelligemment mis en lumière. Sans jamais y avoir mis les pieds, ça cadre avec l’image et l’ambiance que j’imagine être celle de Manchester l’ouvrière à la fin des seventies. Entre grisaille, froid et petits matins glauques, bref pas super sex. Pas évident dans tout cela de cultiver l’optimisme. Et pourtant, une fois sur scène tout cela est effacé par une énergie vitale, qui est davantage que celle du désespoir.
A trois décennies de distance, un gamin, Sam Riley/Ian Curtis, aiguillé par un sentiment d’urgence, devient mari, père, compositeur, chanteur et suicidé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. A peine 8 années.
Histoire d’une course contre le temps, celui-ci que lui laisse une sckyzophrénie évolutive, en forme de fuite en avant. J’aime particulièrement le rendu de la fragilité du personnage, son dilemme intérieur, son incapacité à choisir entre ses deux amours. Quelque chose entre le sacrifice et l’envie, à 1000 lieues du mythe du guitar hero. Et ce même si, Corbijn se base principalement sur le livre de Déborah Curtis, l’épouse, sans véritable contrepoint narratif.
On en ressort tout de même des mélodies rauques plein la tête avec l’envie de se précipiter son mp3 et de se repasser Closer, Unknow pleasures ou substance. Pari gagné donc.

Posté par pollock56 à 00:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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