06 janvier 2008

Nuit de Valognes ou de Varennes ?

Pas facile de s’attaquer à un mythe, surtout après Molière ou Mozart. Eric-Emmanuel Schmidt s’y essaya pourtant il y a une quinzaine d’années de cela avec Don Juan, pièce qui fut recrée en septembre dernier au théâtre Sylvia Montfort.
Plus fort peut-être, monter une pièce dans un lieu qui n’a de théâtre que le nom et dont la physionomie générale évoque davantage un hangar coiffé d’un bizarre chapeau en tôle, pas même ondulée.
Que retenir de ce Don Juan, qui vivait ses dernières représentations, après un parcours plus qu’honorable ?
Une belle intention d’abord, celle de faire juger le séducteur par quelques-unes de ses soit disant victimes au cours d’un procès largement improvisé. Occasion d’un théâtre à voix multiples, entrelacées, servi par des dialogues au ton juste, au verbe clair et précis. J’aime particulièrement, en référence à ses conquêtes aussitôt déliassées, Don Juan pérorant : « le général gagne les batailles, les brancardiers ramassent les blessées ». Soit, mais l’innovation est que Don Juan qui totalise, selon Sganarelle, 2065 conquêtes féminines, réussit pour la première fois à étancher sa soif légendaire. Certes, mais auprès d’un grand gaillard, largement imbibé. En un mot comme en cent, Don Juan est un crypto gay, qui fait son outting au chevet de son amant qu’il vient de tuer en duel (très bien chorégraphié d’ailleurs) à l’insu de son plein gré.
Jusque là pas de problème, en tant que progressiste social démocrate, je n’y trouve rien à redire. Seulement c’est la fin de la pièce qui me pose question. Après cette révélation, la fin de la pièce se délite gentiment, chacun des protagonistes y allant de son monologue avant de quitter la scène. Et puis... plus rien ou presque. Ah si, le très bon bar du théâtre qui en plus de prix très raisonnables nous gratifie de bonnes quiches maison.

Posté par pollock56 à 23:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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